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Jour 63 · Étape 39

El Coronil → Utrera

Champs de tournesols et panneaux solaires

4 avril

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Traduit par IA du texte en néerlandais · Lire l’original

5 min de lecture
20,7 km
99 mdénivelé +
203 mdénivelé −
138 mpoint haut
4 h 01en marche
☁️ 20 °CMétéo

Sentiers Via Serrana 19 sur 20 km

On se réveille à l’hôtel d’El Coronil. Un bel endroit où on a bien récupéré des 30 kilomètres d’hier, et on est de nouveau d’attaque. On est quand même contents qu’après tant de nuits à l’hôtel, on ait une chance de pouvoir camper de nouveau ce soir. Aujourd’hui, on marche jusqu’à Utrera, où on peut prendre le train pour Dos Hermanas, où il y a un camping. Le camping ne prend pas de réservations à cause de la Semaine sainte, la Semana Santa, mais si on arrive tôt, on a des chances d’avoir encore une petite place. L’étape du jour fait 20 kilomètres et elle est plutôt plate, donc on va accélérer pour arriver à temps. On retrouve vite la Via Serrana. Le chemin de pèlerinage qui, dès le 14e siècle, servait aux Berbères de route de contrebande entre le royaume de Gibraltar et le royaume de Grenade, près de Ronda. Ces chemins ont donc déjà servi à pas mal de croyances et à pas mal de fins. À Utrera, l’itinéraire rejoint la Via Augusta, qu’on a déjà parcourue sur un bout en sens inverse près de Chiclana de la Frontera, à l’étape 21. Les derniers kilomètres, on la marchera sagement dans le bon sens. Le ciel est couvert ce matin et le soleil n’est pas encore levé, donc il fait encore assez sombre quand on part.

Hors du village, on marche vite de nouveau sur les chemins de terre que les agriculteurs empruntent pour aller à leurs champs. Ici, les hauts blés qui ondulent au vent alternent avec des champs de tournesols. Ils font environ 10 à 15 centimètres, ils ont donc encore du chemin à faire. Les bas-côtés sont pleins de fleurs, beaucoup de coquelicots et encore plus de chrysanthèmes couronnés. Ces plantes aux fleurs jaune et blanc, qui ressemblent à un croisement entre la camomille et le chrysanthème, sont très répandues ici dans le sud de l’Europe et donnent aux bas-côtés une couleur gaie. Le soleil se lève doucement et perce faiblement les nuages au-dessus de constructions qui ressemblent à de gigantesques parapluies. En s’approchant, on voit que ce sont des panneaux solaires sur des pieds. Des dizaines, peut-être même des centaines de panneaux se dressent à plusieurs mètres au-dessus du champ. Il y en a tellement qu’ils couvrent une sacrée surface. Une solution astucieuse, car les jours de chaleur, ça donne pas mal d’ombre et de fraîcheur, et en plus ça produit de l’électricité. À part ces arbres à panneaux solaires, de l’ombre, il n’y en a pas. Entre les champs ondulés, on ne trouve quasiment ni arbres ni bosquets. Aujourd’hui, ce n’est pas grave ; contrairement à hier, il fait même un peu frais ce matin. Un temps parfait pour marcher. On monte un peu, on redescend un peu, les kilomètres passent vite. À mi-chemin, on fait une pause au bord d’une oliveraie et on profite du paysage, de plus en plus plat. On entre aussi de plus en plus dans la vallée où coule le Guadalquivir. En fait, pas si loin d’ici, il se jette dans l’océan, près de l’immense réserve naturelle de Doñana, qu’on a longée côté mer.

On voit de nouveau de plus en plus de cigognes et d’aigrettes, de palmiers et de cactus, des plantes qu’on ne voyait que rarement dans les montagnes. À la fin de la pause, on voit une plante qu’on a déjà souvent croisée depuis le début de notre voyage. Les fleurs et les feuilles ressemblent à celles des citrouilles, des courgettes et des concombres. La plante a déjà des fruits, qui ressemblent à des cornichons. On en cueille un et on le coupe en deux pour voir s’il y ressemble aussi à l’intérieur. Dès qu’on met le couteau dedans, des graines jaillissent dans une sorte de bouillie gluante et gélatineuse. Ça pue terriblement, alors au lieu de goûter, on cherche ce que c’est. C’est le concombre d’âne. Les fruits ne sont pas comestibles, ils sont même assez toxiques, mais ils ne donnent vraiment pas envie d’être mangés non plus. Pourtant, une demi-heure plus tard, en mangeant une pomme, on sent toujours le goût amer, même après s’être rincé les mains. Pas recommandé, donc. Mais on tient encore debout, alors en route pour le dernier bout de l’étape. Après des kilomètres le long des champs, on voit une grande ferme abandonnée avec des étables et des dépendances. L’itinéraire traverse la cour, alors on jette un œil. La plupart des toits se sont déjà effondrés et les murs commencent à s’effriter. Dommage, une si belle ferme carrée en pleine campagne. Ça ferait un bel épisode de « Ik vertrek ».

On voit Utrera de loin, ses nombreux clochers dépassent des champs. Le dernier bout se fait sur une petite route goudronnée, mais on entre vite dans la ville. Encore un endroit superbe. Mais Utrera n’est pas un village ni une petite ville, c’est une vraie ville d’une belle taille, et plus espagnol que ça, tu meurs. C’est le berceau de la tauromachie, et c’est ici qu’est né le flamenco. Dans de nombreuses vitrines des petites boutiques des rues animées, ce bout de passé s’achète à profusion : les bureaux de tabac vendent des taureaux en pierre noire et les magasins de vêtements des robes de flamenco pour petits et grands. On passe devant de beaux bâtiments et des petites places sympas, mais on file vite à la gare pour attraper le train. Une fois au camping, il y a heureusement encore assez de place. Et un colis est arrivé pour nous : une nouvelle petite tente ! Une tente pyramide, bien plus légère et plus rapide à monter. Ça fait du bien, après tant de nuits, de retrouver un camping. Demain, après 7 étapes en 9 jours, pendant lesquelles on a parcouru 180 kilomètres dans les collines, on reste une journée au camping. Il ne nous restera alors plus que la dernière longue étape jusqu’à Séville.

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