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Jour 62 · Étape 38

Coripe → El Coronil

Des collines à la plaine sans fin

3 avril

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Traduit par IA du texte en néerlandais · Lire l’original

5 min de lecture
29,7 km
428 mdénivelé +
592 mdénivelé −
349 mpoint haut
5 h 52en marche
🌤️ 25 °CMétéo

Sentiers Via Serrana 29 sur 29 km

Ce matin, on commence notre étape à Coripe. Bien avant notre ère, dès le 6e siècle avant Jésus-Christ, c’était un endroit florissant. L’eau y arrivait de façon fiable par les rivières qu’on a longées hier. Un village a ainsi pu naître et, grâce à la bonne exposition des pentes dans les vallées, on pouvait y cultiver du raisin de bonne qualité pour faire du vin, qui servait à son tour de monnaie d’échange contre les marchandises des différentes cultures qui se croisaient ici, sur les routes vers et depuis les grandes villes. Aujourd’hui, des siècles, voire des millénaires plus tard, Coripe est nettement moins animé. À cause de l’histoire de l’Espagne au siècle dernier, la vie ici est devenue bien plus dure. Les sources de revenus autres que l’agriculture sont difficiles à trouver. Beaucoup de gens travaillent l’été dans des hôtels sur la côte et dans les îles espagnoles. Hors saison touristique, ils rentrent chez eux. Au moins, ça permet aux maisons blanches de rester habitées, mais l’animation que le village a connue au fil des siècles est aujourd’hui bien loin. Hier soir, et encore plus ce lundi matin, les rues sont vides. On se met en route vers 8 heures, direction nord-est. On rejoint de nouveau la Via Serrana, pas l’ancienne voie ferrée, mais le chemin de pèlerinage qu’on suit jusqu’à Séville.

Une fois sortis du village, on marche sur des chemins de terre blancs. De temps en temps, on passe une ferme, mais surtout on longe des oliveraies, des prés avec des vaches et des mules, et des champs de céréales. Étonnant de voir à quel point les blés sont déjà hauts début avril. Ils sont encore verts, mais les épis sont déjà là. Il ne faudra plus très longtemps avant la moisson. On est encore en plein dans les collines, mais au bord de la sierra. On aperçoit déjà la plaine vers Séville. Petit à petit, on est passés du pays des chênes-lièges au pays des oliviers. On passe d’une oliveraie à l’autre. Sous certains oliviers, des cochons se baladent. De grosses bêtes grises fouinent à la recherche de nourriture ou se courent après dans l’herbe fraîche et les fleurs jaunes du colza. Ah, quitte à être un cochon… ;-)

À mi-chemin de la dernière pente vers la plaine, on traverse Montellano. Quand on arrive des collines, avec ses chemins de terre, ses maisons délabrées et ses vieilles voitures au bord de la route, on se croirait sur des photos de la Roumanie des années 90. Mais on se rend vite compte que c’est quand même une jolie petite ville, et ici aussi les maisons sont parfaitement peintes en blanc. Avec quelque 7000 habitants, c’est une petite ville, et bien plus vivante que Coripe, d’où on vient. Au centre, il y a un grand château, une église bien entretenue et des magasins ouverts. Une boulangerie et une petite supérette suffisent pour faire les courses pour la pause. En plein centre se dresse un superbe bâtiment avec de grands vitraux, des marches et des colonnes en marbre rose et vert. C’est un grand complexe, entouré d’un jardin luxuriant, autrefois joliment aménagé. Il s’agit d’une maison de retraite vieille de 90 ans qui, malgré une densité de déambulateurs assez élevée dans les rues, semble fermée. Mais les personnes âgées ont trouvé de quoi la remplacer dans les petits bars, les petits restaurants et les petits parcs, et l’ambiance a l’air sympa. Souvent, on nous fait signe quand on passe et on nous crie « Bon Camino! ». Que Saint-Jacques-de-Compostelle ne soit pas notre destination finale, on préfère ne pas trop s’étendre là-dessus.

Une fois sortis de la ville, on fait une pause sur la pente. Il fait bien chaud aujourd’hui, alors on cherche l’ombre des arbres. Là où le soleil tape toute la journée, le sol est sec comme de l’amadou. L’herbe commence déjà à jaunir et il pousse surtout des chardons et des plantes à piquants, qui résistent à la sécheresse. Vu les prévisions météo pour les 2 prochaines semaines, l’herbe ne va faire que jaunir encore. Ils annoncent plus de 30 degrés et pas une goutte de pluie. Ça va être galère la semaine prochaine !

Ce matin, dans les collines, on a entendu le coucou et la huppe. Maintenant, on entend le doux gazouillis du guêpier. Une fois qu’on a entendu son chant, c’est un son très reconnaissable. Une volée d’environ 20 oiseaux passe au-dessus de nous en faisant des acrobaties dans le ciel. Évidemment, encore trop rapides pour qu’on arrive à les prendre en photo, mais tôt ou tard, ça finira bien par marcher.

Après la pause, on entre vite dans la plaine. L’ambiance du paysage change tout de suite. Des champs légèrement ondulés et peu de forêt. Il y a aussi beaucoup moins de sentiers et de chemins de terre, si bien qu’on doit faire un long bout sur une grande route à deux voies. C’est une route de transit, donc les voitures et les camions foncent. Heureusement, quand c’est possible, ils font attention à nous en se déportant sur l’autre voie, mais plusieurs fois, on a une peur bleue quand une voiture en train de doubler surgit derrière nous. Après 4,5 kilomètres sur la route, on peut heureusement bifurquer sur une route plus petite. Il ne reste plus que 4 kilomètres jusqu’à El Coronil, où on dort ce soir. Vers 5 heures, on arrive devant un grand bâtiment imposant du village, avec une petite plaque au nom de notre hôtel. Quand on frappe, une grande porte s’ouvre, on entre dans un superbe hall ancien et, après une visite de cette belle demeure, on arrive à notre chambre. Après presque 30 kilomètres, n’importe quel lit nous rendrait heureux, mais c’est quand même une chambre magnifique, meublée à l’ancienne, avec de hauts plafonds, un secrétaire et de beaux carreaux. Sac à dos par terre et jambes en l’air. Quel endroit superbe pour finir une si belle étape. Des collines à la campagne.

Take a hike. Make some stories.

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